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Philip Catherine

Philip Catherine

Les vibrations de Philip

Le guitariste Philip Catherine est un monstre du jazz pour tout le monde... sauf pour lui. Ce qui a toujours guidé sa carrière, c’est l’amour fou qu’il a pour les vibrations que procure cette musique, et le plaisir de la partager.


Si je ne joue pas de guitare pendant deux jours... j’ai l’impression de ne pas exister”. Philip Catherine a lancé cette remarque avec un petit rire, comme étonné encore par sa vérité. Depuis qu’il a touché sa première guitare à l’âge de 13 ans et qu’il s’est rendu compte un peu par hasard qu’il adorait le son “jazz”, le virus ne l’a plus lâché. On ne compte plus les prix qu’il a décrochés, les hommages qu’on lui a décernés, on ne compte même presque plus ses albums tant ils sont nombreux et auréolés d’admiration. Guitariste de jazz mondialement connu (au même titre que Toots Thielemans ou Django Reinhardt en leur temps), Philip Catherine partage tranquillement sa vie entre Bruxelles, dans le quartier de la gare du Midi et une maison spacieuse tout près de Virton en Gaume. Là-bas, il adore aller à l’abbaye d’Orval, pour la tranquillité qui y règne. “Après je me sens bien, j’arrive même mieux à composer !” Pour lui, le Marathon du Jazz, c’est l’occasion que la ville entière se transforme en grande fête bourrée de monde, que les amateurs de jazz en écoutent tout leur soûl et que ceux qui ne connaissent pasdécouvrent ce style musical.

Jazz sulfureux
Lui l’a découvert un peu par hasard, c’était en 55. Philip était déjà bruxellois depuis quelque sept ans et adorait écouter les chansons de Georges Brassens. Il se mit alors en tête d’apprendre à jouer de la guitare pour accompagner les chansons qu’il envisageait de chanter. “Après quelques mois d’apprentissage avec mon professeur fan de jazz, je jouais des accompagnements et lui faisait des improvisations musicales autour. J’adorais... Je n’ai jamais vraiment chanté là-bas en fait !” L’adolescent se mit à écouter des disques de jazz, à s’imprégner de cette culture musicale plutôt sulfureuse à l’époque et à jouer de temps à autre dans des clubs avec certaines petites formations... Tout en continuant ses études gréco-latines. “Pour moi, c’était le plaisir à l’état pur. Mais jamais à cette époque je n’ai envisagé d’en faire ma profession, c’était inimaginable !”, se souvient Philip Catherine. Dans les années 60, les guitaristes de jazz sont peu nombreux : nous avons Toots Thielemans qui s’est installé aux Etats-Unis et René Thomas... à Montréal. Alors, quand il manque un membre de groupe, quand certaines formations sont de passage à Bruxelles, on se souvient du jeune Catherine et on l’invite à jouer sur scène. “J’étais le plus heureux du monde, moi. Je ne demandais que ça: pouvoir faire du jazz avec d’autres musiciens !”. A l’occasion des tournées européennes de Lou Bennett, il se joint au groupe et, de fil en aiguille (et toujours en faisant des études, de droit d’abord, de psycho ensuite et... de sciences économiques après !), sa carrière démarre. A la fin de son service militaire en novembre 1971, il rejoint le quintet de Jean-Luc Ponty (qui a l’époque jouait avec Franck Zappa) et se produit dans les grandes salles européennes. Par la suite, il fréquentera et jouera avec les plus grands comme George Benson, CharlieMingus, John Lee...

Moment d’exception
Les tournées, les formations se succèdent. La biographie de Philip Catherine est hallucinante : il est partout, il est reconnu, ses albums aussi, il crée la musique de films comme “Courage fuyons” ou “Le Dîner de cons”. On dit fréquemment de lui qu’il a amené quelque chose en plus au jazz. Des hommages qu’il balaie sincèrement d’un coup de main. “Je ne me vois pas comme ça. J’ai juste toujours la passion et l’envie”. L’envie de jouer le guide, de même que le partage avec un public toujours renouvelé. Avec le Philip Catherine Trio comptant Domenico Verderame à la batterie et Philippe Aerts à la contrebasse, il est toujours à la recherche de la bonne vibration, “du moment d’exception où tout se fait sans effort, où la musique des trois instrumentistes se mélangent pour un moment magique”, réfléchit- il. C’est une affaire de travail et d’hommes aussi : “On pourrait dire qu’on est quatre dans ce trio : il y a une relation entre nous qui compte comme une personne !” C’est arrivé au Sounds, ce petit café-jazz de la rue de la Tulipe, plusieurs fois... Cela se reproduira peut-être lors du Jazz Marathon, vendredi ou samedi prochain vers 22 heures, quand ces trois-là lâcheront les notes !

Mon petit Proust

Le principal trait de mon caractère :
être en contradiction et détester la contradiction.

La qualité que je préfère chez les hommes:
la tolérance.

La qualité que je préfère chez les femmes:
la pudeur.

Mon principal défaut:
vouloir plaire, mon impatience et aussi la dispersion. Mais il faudrait le demander à mon entourage!

Ma principale qualité :
je ne sais pas.

Mon rêve de bonheur:
faire une belle musique et faire chanter ma guitare, tout en pouvant vivre simplement en harmonie familiale. Cela a peut-être l'air cul-cul la praline ! Eh bien, çe n’est pas facile !

Ma devise :
Allez hop!

Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.



E.W.

● 1942. Le 27 octobre, naissance à Londres de Philip Catherine. 

● 1948. Installation de la famille Catherine à Bruxelles. 

● 1970. Album, produit par Sacha Distel, le premier d’une longue série en tant que leader ou en invité ! 

● 2005. Sortie de son dernier album en avril, “Meeting Colours”.
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