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Et parfois, c'était comme ça avec Jeff Bodart
2008 devait être l’année Bodart. Après plusieurs reports, le cinquième album de Jeff vient tout juste de sortir et annonce une nouvelle série de concerts dont un passage à ne pas rater au Botanique. Le sort en a décidé autrement.
Et parfois c’est comme ça”, cette phrase un tantinet fataliste est celle choisie pour le retour de l’homme au chapeau. Un retour tout en finesse ou Jeff Bodart se dévoile, tantôt impudique, tantôt cynique… Un visage qu’on ne lui connaissait pas et qui lui va plutôt bien.
C’est un album fait de petites révolutions, notamment parce que vous vous y dévoilez plus, mais aussi parce que vous espérez pouvoir chanter ces chansons dans vingt ans. Comment expliquez-vous ce changement radical ? C’est vrai qu’il y a quelques années, j’étais un jeune con qui voulait mourir jeune. Aujourd’hui j’ai envie de devenir un vieux chanteur, de durer longtemps. Disons que l’album est l’image d’un Jeff qui évolue, qui cherche. Je suis en perpétuelle remise en question, parce que quelque part j’ai l’angoisse de ne pas évoluer, de stagner. L’important pour moi est de toujours faire mieux et j’ai le sentiment que cet album est meilleur que le précédent.
Vous le trouvez meilleur parce qu’il est plus posé ? Ça n’a pas été réfléchi comme ça, mais au final c’est effectivement un album plus posé où je parle davantage de moi, je me fous complètement à poil. C’est une prise de risque de se dévoiler à ce point, mais pour moi, prendre un risque est surtout une source de progrès.
Votre album est très autobiographique mais vous avez été très entouré par d’autres compositeurs ou paroliers. Comment s’est passée la réalisation ? Faire un album c’est une rencontre humaine avant tout. Pour moi, travailler avec des potes est primordial, c’est une condition sine qua non pour me faire entrer en studio. Sur cet album en particulier, ce sont des amis qui ont écrit du sur-mesure pour moi. Et pour être honnête, se découvrir dans les yeux des autres, c’est un cadeau exceptionnel ! J’ai beaucoup de chance !
Entre le précédent album et celui-ci vous avez traversé une période difficile. La musique a-t-elle été votre thérapie ? Pas vraiment. Disons que ça a été ma manière d’exister, de me raccrocher. Cet album est le résultat de deux ans de travail, on a voulu prendre le temps et puis on a beaucoup voyagé pour la réalisation. De Bruxelles, on est allé à Montpellier chez Denis Moulin (le fils de Marc ndlr.) et puis on est parti à Miami et on a terminé à Los Angeles. Ces voyages ont été le fruit du hasard et des rencontres.
Dans la chanson “Demain matin”, vous évoquez la crise de la quarantaine. Vieillir vous inquiète ? Beaucoup ! Oui, ça m’inquiète… C’est d’ailleurs sans doute pour ça que j’ai maintenant l’envie d’être un vieux chanteur, pour reculer l’échéance.
Vous serez en concert au Bota le 14 février. Un artiste qui change a peur de voir changer son public ? Au contraire ! J’espère voir de nouvelles têtes ! C’est un moteur plus qu’une angoisse, j’ai envie de chanter pour des personnes différentes. Par contre, la confrontation au public fait toujours un peu peur, d’autant plus quand on se livre autant… Mais c’est surtout beaucoup de bonheur.
En concert au Botanique le 4 février, infos et rés. 02 218 37 32. www.jeffbodart.net Album : “Et parfois c’est comme ça"
MON PETIT PROUST
Le principal trait de mon caractère : jusqu’au boutiste, jusqu’à la déraison. Excessif en tout, quoi…
La qualité que je préfère chez les hommes: la fidélité.
La qualité que je préfère chez les femmes: La gentillesse et l’intelligence.
Mon principal défaut: je ne sais pas dire non.
Ma principale qualité : une certaine forme de courage?
Mon rêve de bonheur: Aujourd’hui sera mieux qu’hier et demain sera mieux qu’aujourd’hui…
Ma devise : Peut mieux faire.
Sylvain Louis
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1962 : 30 septembre. Naissance à Charleroi.
1985 : Arrivée à Bruxelles. Formation de “Gangsters d’amour”.
1994 : Poursuite de sa carrière en solo. 2003 : “T’es rien ou t’es quelqu’un”, 3e album rempli de tubes. S’ensuit une tournée belge puis française.
20 mai 2008 : Décès de Jeff Bodart suite à un accident cardio-vasculaire. |