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Sûr, c’est quelqu’un
Jeff Bodart fut juste spectateur à la Fête de la musique et se fait discret parce
qu’on l’a “trop vu” à la sortie de son dernier album “T’es rien ou t’es quelqu’un”.
Mais même s’il est hors actu, il vaut vraiment le détour... pour lui-même!
Aquatre ans, il se met à collectionner les chapeaux et les casquettes, à quatorze, il part en tournée mondiale à l’école des filles puis à l’école des garçons de Charleroi. Les adolescentes se pâment et deviennent de folles groupies. Vers 17 ans, il forme un groupe punk “Spasme” et décide que de toute façon, il mourra avant trente ans. A trente ans, Jeff Bodart range ce projet-là au placard et décide de faire l’exact inverse : il “fera vieux chanteur”, c’est sûr. Il en a déjà la panoplie d’ailleurs : un grand coeur un peu de travers qui bat entre angoisse et sourire, entre convivialité et besoin de solitude ; une tête remplie d’éternelles questions sur l’amour et l’être humain dans ses fragilités et ses faiblesses dont il tire des chansons; un air de “faut pas là” entre profondeur et charme, et l’envie de chanter, que ce soit place de Saint-Gilles devant 200 personnes ou dans un Olympia bondé.
Nouvel album l’an prochain Donc pas de panique si on ne voit plus Jeff Bodart et son chapeau pour l’instant sur les scènes belges. Il est là pour longtemps encore, ce Carolo monté à Bruxelles voici 20 ans: il vient à peine d’atteindre la quarantaine... Jusqu’à quel âge a donc chanté Sinatra ? ! Le chanteur termine une grande tournée en France qui l’a mené par quatre fois à Paris où il a, par exemple, fait la première partie de la Grande Sophie à l’Olympia. Elle se terminera le 17 juillet à La Rochelle où Jeff Bodart va participer aux Francofolies. Ensuite, c’est une volonté de sa part et surtout de sa maison de disques : “Si c’était moi, je jouerais tous les jours mais la période de promo et de concerts pour “T’es rien ou t’es quelqu’un” est finie depuis longtemps... Il faut savoir s’absenter et se faire un peu désirer. Ça fait environ quatre mois que je n’ai pas joué ici”. Au milieu d’incessants allers-retours entre France et Bruxelles, Jeff Bodart écrit et compose. De manière plutôt prolixe. “Je crois bien que je suis à une chanson par jour, mais elles sont loin d’être toutes des chefs-d’oeuvre ! Pourtant je me sens mieux par rapport à ça depuis que j’ai découvert les joies du partenariat en écriture et parfois en musique”. Miossec, Marka, Thierry Robberecht devraient à nouveau être crédités sur le prochain album, prévu pour février 2006.
Terreur scénique Sera-t-il du même acabit que le précédent qui avait cartonné à sa sortie en 2003 ? Jeff Bodart secoue la tête : déjà il ne sait pas, on est encore dans les limbes, ensuite il n’y a rien de pire pour lui que de... tirer les leçons du passé. “Ça ne m’intéresse pas. Moi je suis un perpétuel insatisfait de toute façon : j’ai besoin de faire toujours plus, d’avoir l’impression de faire toujours mieux. Je préfère être un perpétuel débutant sans regarder derrière”. Son public de fidèles en Belgique comme en France ou au Québec le suit en tout cas dans ses méandres musicaux et ne s’y trompe pas. Ce n’est pas parce qu’un jour, il a abandonné la casquette pour le chapeau (branle-bas de combat dans les médias, “C’était un peu gonflant, j’avoue : mon disque de l’époque est presque passé après !”) et puis plaqué carrément le chapeau le temps d’une photo de couverture pour son dernier album que le garçon a changé. “Je suis toujours un angoissé, un inquiet tendu par rapport à l’avenir sous mon air jovial, un chanteur- compositeur qui aura toujours faim de paroles, de musiques ! Je ne suis pas plus serein depuis mes changements de... tête ! Plus mûr, oui peut-être”, réfléchit-il. Une maturité qui ne pourra pourtant jamais rien faire contre la nature profonde de Jean-François Bodart, pourtant vieux briscard de la scène et des tournées... “A chaque fois, rien n’y fait : dix minutes avant de monter sur scène, j’ai envie d’y aller comme de me pendre. J’ai beau savoir que tout va bien se passer, je ne veux pas. Mais dès que j’y suis, j’oublie tout et je prends un plaisir fou”. Ce type-là, c’est vraiment quelqu’un !
MON PETIT PROUST
Le principal trait de mon caractère : jusqu’au boutiste, jusqu’à la déraison. Excessif en tout, quoi…
La qualité que je préfère chez les hommes: la fidélité.
La qualité que je préfère chez les femmes: La gentillesse et l’intelligence.
Mon principal défaut: je ne sais pas dire non.
Ma principale qualité : une certaine forme de courage?
Mon rêve de bonheur: Aujourd’hui sera mieux qu’hier et demain sera mieux qu’aujourd’hui…
Ma devise : Peut mieux faire.
Photos : Bénédicte Maindiaux, Christophe Bortels et DR.
E.W.
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● 1962. 30 septembre. Naissance à Charleroi.
● 1985. Arrivée à Bruxelles. Formation de “Gangsters d’amour”.
● 1994. Poursuite de sa carrière en solo. ● 2003. “T’es rien ou t’es quelqu’un”, 3e album rempli de tubes. S’ensuit une tournée belge puis française. |