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Dossier


Notre sondage semestriel politique Ipsos-La Tribune

Leurs personnalités politiques préférées, leurs sujets de discussion, leurs solutions en matière se sécurité : les Bruxellois se sont prononcés.




Triumvirat inchangé, Onkelinx sanctionnée et Smet plébiscité

Les résultats de notre sondage trimestriel sur la popularité des personnalités politiques bruxelloises démontrent une tendance assez claire à ne pas trop bousculer l’ordre établi par notre précédente enquête d’opinion. Parmi les 5 premiers du sondage de mai, c’est le statu quo général, à l’exception de Joëlle Milquet qui progresse d’un point. Sa forte implication dans la campagne à Bruxelles-Ville n’y est sans doute pas étrangère. Cette grande stabilité du top 5 montre aussi à quel point les Bruxellois ne sont pas demandeurs de profonds bouleversements et parient sur le bon sens des décideurs actuels, quel que soit leur poste à responsabilité ou leur couleur politique.

À noter tout de même que, depuis 17 ans, tous médias et enquêtes d’opinion confondus, Charles Picqué fait preuve d’une incroyable popularité et stabilité en ne s’étant jamais départi de la première marche du podium.

Moureaux, Cerexhe et Destexhe en hausse

Aux portes de ce top 5, les écarts se resserrent : Philippe Moureaux, vieux sage de la politique bruxelloise, engrange un bon point. Sa connaissance des acteurs et du contexte politique plaide en sa faveur à l’aube du grand round institutionnel annoncé pour 2007. Il rassure manifestement. Pour Benoît Cerexhe, également en hausse de 2 points, c’est son bon parcours comme ministre de l’Economie et de l’Emploi, sans a priori partisan, qui semble faire mouche auprès des sondés. S’il devait réussir à remettre l’Orbem sur les rails (il vient de doter l’institution publique de formation d’un contrat de gestion), sa cote pourrait encore grimper dans les prochains mois.
À la 7e place, on retrouve Alain Destexhe (+ 2) qui coiffe sur la ligne son grand rival auderghemois, Didier Gosuin, statu quo mais pointant dorénavant à la 8e position de notre classement. Le sénateur libéral, dont les sondés semblent plutôt apprécier le rôle de parlementaire fouineur, est désormais la 2e personnalité libérale bruxelloise, ex aequo avec le ministre Armand De Decker.

Pointant à la 9e place, Isabelle Durant la secrétaire fédérale d’Ecolo est en progression d’un point. Sa bonne prestation aux différents débats préélectoraux sur Schaerbeek semble payer : beaucoup d’observateurs la voient jouer un rôle central dans le choix du futur bourgmestre de la cité des Anes. Les sondés ne s’y sont pas trompés.

Maingain et de Donnea en recul

Suit un trio qui s’est bien connu à Bruxelles-Ville : Freddy Thielemans, l’actuel bourgmestre, stable à 40%, Olivier Maingain, en baisse de 2 % et parti à Woluwe-Saint-Lambert et François-Xavier de Donnea, accusant un recul plus net de 4 points. Les répliques d’Olivier Maingain à Yves Leterme ne semblent pas porter leurs fruits. Quant à l’ancien bourgmestre, il paie cash sa non-candidature aux communales et son relatif effacement de la scène politique bruxelloise, à tel point qu’il a peut-être du souci à se faire sur la prise en compte de sa candidature aux prochaines législatives.

Vient ensuite Bernard Clerfayt, qui continue de marquer des points et de bénéficier de la surattention médiatique à Schaerbeek. Il devance à présent de 3 % sa grande rivale dans la course au maïorat, la vice-Première Laurette Onkelinx, dont la gestion de son département de la Justice (évasion de Murat Kaplan et de 28 détenus à Termonde, “affaires” Erdal, Kimyongür et Hoxha, cambriolage au GIA, arriéré judiciaire, tensions dans les prisons) est clairement sanctionnée (- 4 points) par les sondés.

A noter dans ce top 15, la chute de Francis Delperée (-3), quelque peu plus effacé ces derniers temps mais qui devrait revenir au-devant de la scène lors de la campagne pour les législatives.

Une qui, par contre, monte en puissance, c’est la ministre de l’environnement Evelyne Huytebroeck (+ 2), qui devance dorénavant Françoise Dupuis, statu quo. Elle a été aidée en cela par une actualité très " environnementale " durant cet été. Pour le reste, Bertin Mampaka (+ 1) et Fadila Laanan (+ 2) poursuivent leur progression et démontrent à quel point l’intégration multiculturelle se traduit aussi dans le choix des représentants. Courbe inversée par contre pour Corinne De Permentier et sa rivale forestoise Magda De Galan (- 2), dont l’ancrage à tendance à se " localiser " et Danielle Caron, dont l’étoile pâlit quelque peu dans son match à Woluwe où cela cogne dur. Elle est à un point de quitter notre top 25, dans lequel le secrétaire d’Etat Emir Kir n’apparaît toujours pas, tout comme la majorité des députés bourgmestres, bien implantés dans leur commune mais qui ne parviennent pas à se positionner en acteurs régionaux dépassant le poti-pota local.

Vanhengel, eerste Vlaming

Du côté des élus néerlandophones, si le ministre du Budget Guy Vanhengel reste le plus apprécié des Flamands de la capitale (20%, +1), il est désormais talonné par Pascal Smet (19%, +5), qui réalise la plus forte progression, toutes personnalités confondues, du sondage. Inventif dans les solutions qu’il propose en matière de mobilité, loyal à l’égard de ses partenaires gouvernementaux, il incarne petit à petit le " Bruxelles multiculturel ouvert et dynamique " auquel il aspire comme modèle pour sa région. Sa forte hausse se marque de manière plus nette encore parmi les sondés francophones. C’est d’autant plus remarquable qu’il faut tenir compte du pourcentage plus faible de sondés néerlandophones (15%), en relation avec leur représentativité dans la région.

BAUDOUIN PEETERS

 
Les nuisances sonores autour de l’aéroport de Bruxelles-National et la saga communautaire liée aux vols de nuit incitent un nombre important de sondés (73%) à marquer leur accord sur l’idée de délocaliser une partie du trafic (cargo et vols de nuit) vers un autre aéroport. Il s’agit là d’un compromis à la belge : oui à un aéroport à 10 minutes de Bruxelles mais en limitant une partie de son activité et de son développement.
Autre idée pour laquelle 2 Bruxellois sur 3 sont demandeurs : la construction d’un vrai réseau de métros en étoile (de type Madrid, Paris, Londres ou Munich) pour se résoudre à changer leur mode de déplacement. Toujours dans la même (r)évolution des mentalités quant aux solutions alternatives à la voiture, les sondés se disent largement favorables à la généralisation de piétonniers dans les artères commerciales et touristiques. Le centre-ville, le bas de la chaussée de Gand, le goulet Louise, le quartier Saint-Boniface, la rue de Namur, la place Flagey, la rue Xavier De Bue et la rue Wayez ont été le plus souvent cités.
Ils sont 54 % à partager l’idée du président du Parlement francophone bruxellois, Christos Doulkeridis et son Ecopass de société (la carte HyperMobil, voir La Tribune du 13/07).
Quant à la généralisation des dimanches sans voiture une fois par mois, elle divise clairement les Bruxellois. Il faudra sans doute passer à cette mesure par palier, en commençant par exemple par les mois d’été...



Le décalage entre les solutions qui ont les faveurs des sondés et les intentions affichées par les différents décideurs est assez frappant : ces idées ont été évoquées par l’une ou l’autre formation politique, mais ne sont toujours pas entièrement concrétisées, faute de consensus entre les ailes gauche et droite des gouvernements. Cette différence idéologique est renforcée par un clivage Nord-Sud, le nord du pays devant faire face à la pression permanente du Vlaams Belang sur l’échiquier politique flamand.
L’idée qui recueille le plus large assentiment (la généralisation de peines alternatives pour les condamnations de moins d’un an) est pourtant déjà mise en pratique : la procédure semble encore trop peu systématique pour vraiment marquer les esprits. Elle pourrait, si elle devait être renforcée, désengorger nos prisons et éviter que certaines petits délinquants ne côtoient un milieu franchement criminogène. Les autres propositions recueillent un accord assez large (entre 64 et 52 %), avec toutefois un pourcentage élevé de sondés (33 %) opposés à la suppression des allocations familiales pour les mineurs délinquants et 31 % de « sans opinion » sur la délicate solution de la castration chimique des délinquants sexuels, proposée in illo tempore par le sénateur libéral Brotchi.

Le sondage a été réalisé du 5 au 25 septembre, par enquête téléphonique, sur un échantillon représentatif de 2000 personnes âgées de 18 ans et plus résidant dans les 19 communes de la Région de Bruxelles -Capitale. Autres clés de répartition : 47% d’hommes, 53% de femmes, 85% de francophones et 15 % de néerlandophones, répartis à la proportionnelle selon la population de chaque commune, selon 3 catégories d'âge (18-35, 36-64 et + de 65 ans et selon le niveau d'étude (dernier diplôme obtenu : 10% primaire ou sans, 55% secondaire, 35 % supérieur ou universitaire). Marge d’erreur maximale : 2,25 %. Photos : Bénédicte Maindiaux.

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1 commentaire(s) -
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sondage
en ce qui concerne les sondages, je pense que régulièrement, il doit y avoir une liste de personnes et toujours les mêmes donnant leur avis sur les questions politiques et leur choix de vote . cela n'engage que ceux qui veulent renverser la tendance vers le socialisme.
Jamais je ne voterai pour ce parti qui se dit défenseur des travailleurs!
Je constate que chaque commune dont la majorité est socialiste et cela est ma perception personnelle, que chaque fois qu'il y a des élections on parle beaucoup mais les actes ne suivent pas!
Ce sont entre autre des communes ou il y a beaucoup de pauvreté.